Omegle, le chat vidéo sous haute surveillance

Site de messagerie vidéo permettant à ses utilisateurs de rentrer en contact avec des inconnus, Omegle est dans le viseur de la justice après une enquête dénonçant l’exposition des très jeunes utilisateurs à des contenus à caractère sexuel.

Comme l’a été son prédécesseur,  Chatroulette  ce site de messagerie en ligne connaît de nombreuses dérives auxquelles les jeunes utilisateurs sont confrontés. Le site français koolmag a publié une enquête qui démontre que de nombreux jeunes sont confrontés à des pratiques exhibitionnistes, des contenus à caractère pornographique ou encore des images d’une grande violence. Lancée en 2009, la plateforme promettait de mettre en relation ses utilisateurs avec des inconnus, promesse qui laissait présager de grandes dérives. Après avoir été délaissé, le site a connu un second souffle lors du premier confinement où de nombreux jeunes y ont vu un moyen de rompre l’isolement, mais aussi de pouvoir discuter avec leur Youtubeur préféré.

Des conditions d’utilisation

Or ces plus jeunes ne voient que très rarement leurs idoles et sont bien plus confrontés à des images pornographiques. Soi-disant interdit au moins de 13 ans, Omegle est en réalité accessible à tous et sans l’accord des parents grâce à un simple clic. Quant au contenu, là aussi les conditions d’utilisation ne sont pas respectées par tous les utilisateurs. Il est inscrit dans les conditions d’utilisation du site que la nudité y est interdite, or il est très facile de tomber sur des images explicites ou de voir des personnes en plein acte sexuel. Dans le cadre de son enquête, le fondateur de Kool Mag, Baptiste des Monstiers, raconte avoir été sur le site un mercredi après-midi et y avoir rencontré des dizaines d’enfants et d’adolescents âgés de 9 à 15 ans, à la recherche de nouveaux copains. Il y a vu aussi, susceptibles d’entrer en contact avec ces enfants, «  des dizaines d’hommes qui se masturbent, qui s’exhibent, certains déguisés en femmes portant des sous-vêtements féminins  ».

À la suite de cette enquête, le secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, Adrien Taquet, a annoncé, le 26 avril 2022, saisir la justice contre le site Omegle pour «  exposition des mineurs à la pornographie et à la pédocriminalité  ».

Omegle n’est pas la seule plateforme où l’on peut observer des dérives de ce type notamment sur Tik Tok, Instagram ou encore Yubo qui est surnommé le Tinder des adolescents. D’une manière générale sur Internet, aucun système n’est en mesure de garantir une sécurité totale au jeune public, d’où l’importance du rôle des parents afin de pouvoir ouvrir le dialogue sur ces sujets.  

Sources : https://www.koolmag.fr/dad/enquete–omegle–le-site-de-chat-video-qui-reunit-pervers-et-mineurs-758739