Téléphone, devoirs en ligne, jeux vidéo, réseaux sociaux, séries… À la rentrée, le numérique retrouve rapidement sa place dans le quotidien des enfants et des adolescents.
Entre les devoirs à faire sur ordinateur, les messages des copains, les jeux vidéo et les envies de retrouver ses habitudes de vacances, il n’est pas toujours facile de remettre en place un rythme équilibré.
Et si la rentrée était justement l’occasion de repenser ensemble la place des écrans à la maison ?
Pas question de tout interdire ni de chronométrer chaque minute passée devant un écran. L’objectif est plutôt d’installer des habitudes simples, adaptées à l’âge de l’enfant, pour préserver le sommeil, les apprentissages, les relations familiales et les moments de déconnexion.
1. Commencez par faire le point sur les nouvelles règles de l'école
La rentrée 2026 apporte une évolution importante : l’utilisation du téléphone portable et des autres objets connectés est désormais interdite pendant le temps scolaire, de l’école au lycée, sauf exceptions prévues notamment pour certains usages pédagogiques ou pour les élèves ayant des besoins particuliers.
Pour vous les parents, c’est l’occasion d’en discuter avec vos enfants :
- Où doit-il laisser son téléphone pendant la journée ?
- Comment rester joignable en cas de besoin ?
- Quelles sont les règles de son établissement ?
- Quels usages numériques sont autorisés pour les devoirs ?
Un conseil : prenez quelques minutes pour consulter le règlement de l’établissement et en parler ensemble. Cela évite que les règles soient découvertes au dernier moment… ou transformées en source de conflit !
2. RecréeZ une routine numérique
Après les vacances, les habitudes ont parfois changé : coucher plus tardif, jeux vidéo plus fréquents, séries, téléphone à portée de main…
La rentrée est un bon moment pour revenir progressivement à des repères réguliers.
Plutôt que de dire simplement « tu as trop d’écran », essayez de définir ensemble des moments où les écrans restent éteints :
- pendant les repas
- pendant les devoirs
- pendant la routine du soir
- avant de dormir
- pendant certains moments en famille
L’idée est de créer des rendez-vous sans écran, plutôt que de multiplier les interdictions.
3. ProtégeZ le sommeil avant tout
Le sommeil est particulièrement important lorsque les enfants reprennent le rythme scolaire.
Les écrans peuvent facilement repousser l’heure du coucher : « encore une vidéo », « encore une partie », « je réponds juste à ce message… »
Pour faciliter le retour à un rythme régulier, il peut être utile de :
- prévoir un temps calme avant le coucher
- éviter les écrans dans la période précédant le sommeil
- laisser le téléphone et les consoles hors de la chambre
- utiliser un réveil plutôt que le téléphone comme réveil
- instaurer un rituel du soir sans écran.
L’Assurance Maladie recommande notamment de prévoir une pause avec les écrans avant le coucher et de ranger les téléphones, tablettes, consoles et ordinateurs en dehors de la chambre.
Une idée : créez un « parking à téléphones » familial pour la nuit. Tout le monde y dépose son appareil avant d’aller dormir… parents compris !
4. Faire des devoirs un vrai temps de concentration
Ordinateur, ENT, recherches Internet, vidéos pédagogiques… Les écrans peuvent être utiles pour apprendre.
Mais ils peuvent aussi transformer les devoirs en parcours d’obstacles : « Je cherche la définition… Tiens, une notification… Je réponds… Ah, une vidéo… »
Pour aider votre enfant à rester concentré :
- couper les notifications
- fermer les applications inutiles
- préparer uniquement les outils nécessaires
- privilégier un espace calme
- prévoir des pauses régulières
- garder le téléphone hors de portée pendant les devoirs.
L’objectif n’est pas de supprimer le numérique des devoirs, mais d‘apprendre à l’utiliser comme un outil.
5. Ne pas seulement retirer les écrans : proposer des alternatives
C’est souvent le point le plus difficile.
Dire « éteins ton écran » fonctionne beaucoup mieux lorsqu’une autre activité est proposée derrière.
Selon l’âge et les envies de l’enfant :
lire quelques pages, dessiner ou bricoler, faire du sport, jouer à un jeu de société, écouter de la musique, sortir prendre l’air, inviter un ami, cuisiner en famille, promener le chien, faire un puzzle, …
Plus les alternatives sont accessibles et variées, moins l’écran devient la seule réponse à l’ennui !
6. De 7 à 10 ans : accompagner plutôt que laisser seul
À cet âge, l’enfant gagne progressivement en autonomie, mais il a encore besoin d’un cadre clair.
Les parents peuvent notamment :
- définir les moments où l’écran est autorisé
- choisir les contenus avec l’enfant
- utiliser les classifications d’âge
- regarder certains programmes avec lui
- installer un contrôle parental adapté
- parler de ce qu’il voit et fait en ligne.
Le site gouvernemental Je protège mon enfant rappelle que, dès que l’enfant commence à utiliser les outils numériques, l’accompagnement parental reste essentiel : règles, contenus, temps d’utilisation et échanges doivent évoluer progressivement avec son autonomie.
Le bon réflexe : ne pas seulement demander « Combien de temps as-tu joué ? », mais aussi « À quoi tu as joué ? », « Qu’est-ce qui t’a plu ? », « Est-ce qu’il y a quelque chose qui t’a surpris ? »
7. De 11 à 13 ans : accompagner l'autonomie
Entre 11 et 13 ans, les usages numériques évoluent rapidement.
Le téléphone peut devenir un outil d’autonomie, mais aussi une porte d’entrée vers les réseaux sociaux, les discussions de groupe, les vidéos ou les jeux en ligne.
C’est le moment de discuter avec votre enfant de sujets très concrets :
- protéger ses informations personnelles
- réfléchir avant de publier une photo
- savoir à qui parler en ligne
- reconnaître un contenu ou un comportement problématique
- savoir quoi faire face à un message blessant
- comprendre que les contenus vus en ligne ne reflètent pas toujours la réalité
Le contrôle parental peut aider, mais il ne remplace pas le dialogue. La plateforme gouvernementale Je protège mon enfant rappelle que ces outils sont des alliés pour limiter certains contenus ou usages, mais qu’ils ne se substituent ni à l’écoute ni à l’accompagnement parental.
8. De 14 à 16 ans : passer progressivement du contrôle à la confiance
À l’adolescence, vouloir tout contrôler devient souvent difficile… et peut parfois renforcer les tensions. L’enjeu est progressivement d’aider l’adolescent à gérer lui-même ses usages numériques.
Plutôt que de vérifier uniquement le temps passé sur son téléphone, on peut parler de :
- son sommeil
- sa concentration
- ses relations en ligne
- les réseaux sociaux qu’il utilise
- les contenus qui lui sont proposés
- les notifications
- les jeux et achats en ligne
- son identité et sa réputation numériques.
Posez des questions ouvertes :
« Est-ce que tu as l’impression que ton téléphone te déconcentre ? »
« Qu’est-ce qui te fait perdre le plus de temps en ligne ? »
« Est-ce qu’il y a des moments où tu aimerais réussir à décrocher davantage ? »
L’objectif est de faire progressivement de l’adolescent un acteur de ses propres choix numériques.
9. Et si VOUS parents, montrIEZ l'exemple ?
Difficile de demander à son enfant de poser son téléphone si les adultes répondent à leurs notifications pendant le repas.
Les enfants observent beaucoup les pratiques des adultes. Les recommandations publiques insistent d’ailleurs sur l’importance pour les parents de s’interroger eux-mêmes sur leurs usages et de montrer l’exemple.
Alors pourquoi ne pas instaurer quelques règles pour toute la famille ?
- Pas de téléphone à table
- Pas de téléphone pendant une activité familiale
- Téléphones hors des chambres la nuit
- Notifications coupées pendant les moments importants
Une règle familiale est souvent plus facile à accepter qu’une règle qui ne concerne que les enfants.
10. LA PERFECTION N'EXISTE PAS !
Il y aura des soirées où les devoirs prennent du retard. Des week-ends où les enfants joueront davantage. Des journées pluvieuses où une série sera la meilleure activité possible. Et ce n’est pas grave.
L’objectif n’est pas d’avoir une maison « zéro écran », mais de construire progressivement un équilibre entre numérique et vie quotidienne.
Une bonne question à se poser :
« Est-ce que les écrans prennent la place de quelque chose d’important ? »
Du sommeil ? Des devoirs ? Du sport ? Des repas en famille ? Des amis ? Des moments de discussion ? Du temps pour s’ennuyer et imaginer ?
-> Si la réponse est oui, il faut réajuster vos habitudes, mais pas de stress commencez par choisir une seule nouvelle habitude numérique à mettre en place en famille : Une petite habitude tenue dans la durée vaut mieux que dix règles impossibles à respecter.
Sources et ressources
- Ministère de l’Éducation nationale – Téléphone portable et numérique raisonné à l’école
- Éduscol – Numérique raisonné et interdiction du téléphone au lycée
- Assurance Maladie – Écrans et sommeil de l’enfant
- Assurance Maladie – Adapter l’usage des écrans à l’âge de l’enfant ou de l’adolescent
- Je protège mon enfant – Accompagner son enfant dans son usage des écrans
- Je protège mon enfant – Outils de contrôle parental
- E-parents.fr – nos ressources
